[ Berlioz music scores / Faust / Requiem / Roméo / Ophélie / Chemins de fer / Te deum / Vox populi ]


Le Dépit de la Bergère: romance

Author anonymous: Berlioz, or a friend?

De mon berger volage
J’entends le flageolet.
De ce nouvel hommage
Je ne suis plus l’objet;
Je l’entends qui fredonne
Pour une autre que moi.
Hélas! que j’étais bonne
De lui donner ma foi!

Autrefois l’infidèle
Faisait dire aux échos
Que j’étais la plus belle
Des filles du hameau;
Que j’étais sa bergère,
Qu’il était mon berger;
Que je serais légère
Sans qu’il devînt léger.

Un jour c’était ma fête,
Il vint de grand matin;
De fleurs ornant ma tête,
Il plaignait son destin
Il dit: «Veux-tu, cruelle,
Jouir de mes tourments?»
Je dis: «Sois-moi fidèle,
Et laisse faire au temps!»

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Huit Scènes de Faust

Johann Wolfgang von Goethe (1749–1832), translated by Gérard de Nerval (1808–1855)

4. Écot des joyeux compagnons: Histoire d’un rat

«Certain rat, dans une cuisine,
Etabli comme un vrai frater.
S’y traitait si bien, que sa mine
Eut fait envie au gros Luther.
Mais un beau jour le pauvre diable,
Empoisonné, sauta dehors,
Aussi triste aussi misérable
Que s’il eût eu l’amour au corps.

«Il courait devant et derrière,
Il grattait, reniflait, mordait,
Parcourait la maison entière;
La rage à ses maux ajoutait,
Au point qu’à l’aspect du délire
Qui consumait ses vains efforts,
Les mauvais plaisants pouvaient dire:
Ce rat a bien l’amour au corps.

«Dans le fourneau le pauvre sire
Crut pourtant se cacher très bien;
Mais il se trompait, et, le pire,
C’est qu’on l’y fit rôtir enfin.
La servante, méchante fille,
De son malheur rit bien alors.
Ah! disait-elle, comme il grille,
Il a vraiment l’amour au corps.»

5. Chanson de Méphistophélès: Histoire d’une puce

Une puce gentille
Chez un prince logeait.
Comme sa propre fille,
Le brave homme l’aimait,
Et l’histoire l’assure,
A son tailleur un jour
Lui fit prendre mesure
Pour un habit de cour.

L’animal, plein de joie
Des qu’il se vit paré
D’or de velours de soie,
Et de croix décoré,
Fit venir de province
Ses frères et ses sœurs
Qui, par ordre du prince
Devinrent grands seigneurs.

Mais ce qui fut bien pire,
C’est que les gens de cour,
Sans en oser rien dire,
Se grattaient tout le jour.
Cruelle politique!
Ah! plaignons leur destin,
Et, dès qu’une nous pique,
Ecrasons-la soudain!

Chorus
Ah! Ah! Ah! Bravo! bravo! bravo!
Oui, écrasons-la soudain!

8. Sérénade de Méphistophélès

«Devant la maison
De celui qui t’adore,
Petite Louison,
Que fais-tu dès l’aurore?
Au signal du plaisir
Dans la chambre du drille
Tu peux bien entrer fille
Mais non fille en sortir.

«Il te tend les bras:
Près de lui tu cours vite:
Bonne nuit, hélas!
Bonne nuit, ma petite.
Près du moment fatal
Fais grande résistance,
S’il ne t’offre d’avance
Un anneau conjugal.»

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Le Captive: orientale

Victor Hugo (1802–1885)

Si je n’étais captive,
  J’aimerais ce pays,
Et cette mer plaintive,
  Et ces champs de maïs,
Et ces astres sans nombre,
Si, le long du mer sombre,
N’étincelait dans l’ombre
  Le sabre des spahis.

Je ne suis point Tartare,
  Pour qu’un eunuque noir
M’accorde ma guitare,
  Me tienne mon miroir.
Bien loin de ces Sodomes,
Au pays dont nous sommes,
Avec les jeunes hommes
  On peut parler le soir.

Pourtant j’aime une rive,
  Où jamais des hivers
Le souffle froid n’arrive
  Par les vitraux ou verts.
L’été, la pluie est chaude;
L’insecte vert qui rôde
Luit, vivante émeraude,
  Sous les brins d’herbe verts.

Mais surtout quand la brise
  Me touche en voltigeant,
La nuit, j’aime être assise,
  Être assise en songeant,
L’œil sur la mer profonde,
Tandis que, pâle et blonde,
La lune ouvre dans l’onde
  Son éventail d’argent.

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Grande messe des morts »Requiem«

Berlioz’s setting of the traditional text of the mass for the dead reorders and omits some lines. Words in round brackets have been inserted or rearranged from another part of the text. Words denoted in square brackets have been moved to a different place in the text as indicated, or otherwise omitted altogether.

1.

Réquiem ætérnam dona eis, Dómine:
et lux perpétua lúceat eis.

Te decet hymnus Deus in Sion,
et tibi reddétur votum in Jerúsalem:
exáudi oratiónem meam,
ad te caro omnis véniet.

Requiem æternam dona (defunctis), Domine:
et lux perpetua luceat eis, (perpetua lux eis luceat!)

Kyrie eleison! Christe eleison! Kyrie eleison!

2. Prosa

Dies iræ, dies illa,
Solvet sæclum in favíllâ:
Quantus tremor est futúrus,
Quando judex est ventúrus!
Teste David cum Sibyllâ.
Cuncta stricte discussúrus!

Tuba mirum spargens sonum
Per sepúlcra regiónum,
Coget omnes ante thronum.

Mors stupébit et natúra,
Cum resúrget creatúra,
Judicánti responsúra.

Liber scriptus proferétur,
In quo totum continétur,
Unde mundus judicétur.

Judex ergo cum sedébit,
Quidquid latet apparébit:
Nil inúltum remanébit.

3.

Quid sum miser tunc dictúrus?
Quem patrónum rogatúrus?
Cum vix justus sit secúrus.

[Rex treméndæ... moved to no. 4]

(Recordáre Jesu pie,
Quod sum causa tuæ viæ:
Ne me perdas illâ die!

Oro supplex et acclínis,
Cor contrítum quasi cinis:
Gere curam mei finis.)

4.

(O) Rex treméndæ majestátis,
Qui salvándos salvas gratis,
Salva me, fons pietátis!

Recordáre Jesu pie,
Quod sum causa tuæ viæ:
Ne me perdas illâ die!

Confutátis maledíctis, (Jesu,)
Flammis ácribus addíctis,
Voca me [cum benedíctis.]
(et de profúndo lacu!
Líbera me de ore léonis,
Ne cadam in obscurum.
Ne absórbeat me Tártarus!)

5.

Quærens me, sedísti lassus:
Redemiísti crucem passus:
Tantus labor non sit cassus!

Juste judex ultiónis,
Donum fac remissiónis,
Ante diem ratiónis!

Ingemisco, tamquam reus:
[Culpa rubet vultus meus:
Parce, Deus,] Supplicánti parce Deus!
Preces meæ non sunt dignæ:
Sed tu bonus fac benígne,
Ne perénni cremer igne!

Qui Maríam absolvísti,
Et latrónem exaudísti,
Mihi quoque spem dedísti.

Inter oves locum præsta,
Et ab hædis me sequéstra,
Státuens in parte dextra!

[Confutátis maledíctis... moved to no. 4;
Oro supplex... moved to no. 3]

6.

Lacrimósa dies illa,
Quâ resúrget ex favíllâ
(Homo reus) Judicándus [homo reus:
Huic ergo parce Deus.]
Pie Jesu Dómine,
dona eis réquiem (ætérnam, Dómine!)
[Amen. moved to no. 7]

7.

Dómine Jesu Christe, Rex glóriæ,
líbera ánimas ómnium fidélium defunctórum de pœnis inférni, et de profúndo lacu:
[líbera eas de ore léonis, ne absórbeat eas tártarus, ne cadant in obscúrum: moved to no. 4]
sed sígnifer sanctus Míchael repræséntet eas in lucem sanctam:
Quam olim Abrahæ promisísti, et sémini ejus.
(Amen.)

8.

Hóstias et preces tibi [Dómine] laudis offérimus:
[tu] súscipe pro animábus illis,
quarum hódie memóriam fácimus:
[fac eas, Dómine, de morte transíre ad vitam.
Quam olim Abrahæ promisísti, et sémini ejus.]

9.

Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth.
Pleni sunt cæli et terra glória tua.
Hosánna in excélsis.
[Benedíctus qui venit in nómine Dómini.
Hosánna in excélsis.]

10.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: dona eis requiem, requiem sempiternam!

Te decet hymnus Deus in Sion;
Et tibi reddetur votum in Jerusalem;
exaudi orationem meam!
Ad te caro omnis veniet.

Requiem æternam dona defunctis, Domine
et lux perpetua luceat eis, perpetua lux eis luceat!

Requiem æternam dona eis, Domine!
Et lux perpetua luceat eis
cum sanctis tuis in æternum, Domine, quia pius es!
Amen.

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Roméo et Juliette

Émile Deschamps (1791–1871), after William Shakespeare.

1. Introduction: Combats – Tumulte – Intervention du Prince
Prologue

Strophes; Premier couplet
Premiers transports que nul n’oublie!
premiers àveux, premiers serments de deux amants
sous les étoiles d’Italie;
dans cet air chaud et sans zéphirs
quel’oranger au loin parfume
où seconsume le rossignol en longs soupirs
quel art dans sa langue choisie
rendrait vos célestes appas?
premier amour n’ètes vous pas plus haut que toute poësie
ou ne seriez vous point dans notre ex il mortel
cette poësie, elle mème
dont Shakespeare lui seul eut le secret suprème
et qu’il remporta dans le ciel.

Deuxiéme couplet
Heureux enfants, aux cœurs de flamme
liés d’amour par le hazard d’un seul regard
vivant tous deux d’une seule îme
cachez le bien sous l’ombre en fleurs
ce feu divin qui vous embrase
si pure extase que ses paroles sont des pleurs
quel roi de vos chastes délires
croirait égaler les transports?
heureux enfants! et quels trésors payeraient
un seul de vos sourires
ah savourez longtemps cette coupe de miel plus suave que les calices
où les anges de Dieu jaloux de vos délices
puisent le bonheur dans le ciel.

Bientôt de Roméo la pâle rêverie
Met tous ses amis en gaieté:
„Mon cher,“ dit l’elégant Mercutio, je parie
Que la reine Mab t’aura visité!
Scherzetto
Mab! la messagère fluette et légere
Elle a pour char une coque de noix
Que l’écureuil a façonnée;
Les doigts de l’araignée
Ont filé ses harnois.
Durant les nuits la fée en ce mince équipage
Galope follement dans le cerveau d’un page.
Qui rêve espiègle tour
Ou molle sérènade au clair de lune sous la tour.
En pour suivant sa promenade
La petite reine s’abat
Sur le col bronzé d’un soldat
Il rêve canonades et vives estocades
Le tambour! la trompette! il s’éveil le et d’abord
Jure et prie en jurant toujours
Puis se rendort et ronfle avec ses camarades.
C’est Mab, c’est Mab, qui faisait tout ce bacchanal.
C’est elle encor qui dans un rêve habille
La jeune fille et la ramene au bal.
Mais le coq chante, le jour brille.
Mab fait comme un éclair dans l’air.
Bientôt la mort est souveraine:
Capulets, Montagus domptés par les douleurs
Se rapprochent enfin pour abjurer la haine
Qui fit verser tant de sang et de pleurs.

2. Roméo seul – Tristesse – Concert et Bal – Grande Fête chez Capulet

3. Nuit sereine – Le Jardin de Capulet silencieux et desert. Les jeunes Capulets sortant de la fête, passent et chantent des reminiscences de la musique du bal
Ohé! Capulets bonsoir! cavaliers, au revoir!
Ah! quelle nuit! quel festin!
Bal divin! que de folles paroles!
Belles Véronnaises
Sous les grands mélèzes
Allez rêver de bal et d’amour
Jusqu’au jour.
Tra la la la la la la le ra la...
Allez rêver d’amour
Jusqu’au jour ah!
Au revoir... Ah! quelle nuit! quel festin...
La belle fête...
Dames Véronnaises...
Allez rêver de bal et d’amour!
Scène d’amour

6. Roméo au tombeau des Capulets – Invocation – Réveil de Juliette – Joie délirante, désespoir, dernières angoisses et mort des deux amants

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La mort d’Ophélie: Ballade

Ernest Legouvé (1807–1903), after William Shakespeare

Auprès d’un torrent Ophélie
Cueillait tout en suivant le bord
Dans sa douce et tendre folie,
Des pervenches, des boutons d’or,
Des iris aux couleurs d’opale,
Et de ces fleurs d’un rose pâle
Qu’on appelle des doigts de mort.

Puis, élevant sur ses mains blanches
Les riants trésors du matin,
Elle les suspendait aux branches,
Aux branches d’un saule voisin;
Mais trop faible le rameau plie,
Se brise, et la pauvre Ophélie
Tombe, sa guirlande à la main.

Quelques instants sa robe enflée
La tint encor sur le courant
Et, comme une voile gonflée
Elle flottait toujours chantant,
Chantant quelque vieille ballade,
Chantant ainsi qu’une naïade,
Née au milieu de ce torrent.

Mais cette étrange mélodie
Passa, rapide comme un son.
Par les flots la robe alourdie
Bientôt dans l’abîme profond
Entraîna la pauvre insensée,
Laissant à peine commencée
Sa mélodieuse chanson.

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Chant des Chemins de fer

Jules Janin (1804–1874)

Refrain
C’est le grand jour, le jour de fête,
Jour du triomphe et des lauriers.
Pour vous ouvriers,
La couronne est prête.
Soldats de la paix,
C’est votre victoire;
C’est à vous la gloire
De tant de bienfaits.

Les cloches sonnent dès l’aurore,
Et le canon répond sur les remparts.
Sous l’oriflamme tricolore
Le peuple accourt de toutes parts.

Refrain
C’est le grand jour...

Que de montagnes effacées!
Que de rivières traversées!
Travail humain, fécondante sueur!
Quels prodiges et quel labeur!

Refrain
C’est le grand jour...

Les vieillards, devant le spectacle,
En souriant descendront au tombeau;
Car à leurs enfants ce miracle
Fait l’avenir plus grand, plus beau.

Refrain
C’est le grand jour...

Des merveilles de l’industrie
Nous, les témoins, il faut chanter
La paix! Le Roi! L’ouvrier! La patrie!
Et le commerce et ses bienfaits!

Refrain
C’est le grand jour, le jour de fête,
Jour du triomphe et des lauriers.

Que dans les campagnes si belles
Par l’amitié les peuples plus heureux
Elèvent leurs voix solennelles
Jusqu’à Dieu caché dans le cieux!

Refrain

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Te deum

Authorship unknown, but usually ascribed to St Ambrose

1.

Te Deum laudámus: te Dóminum confitémur.
Te ætérnum Patrem omnis terra venerátur.

2.

Tibi omnes Angeli, tibi Cæli et [univérsæ] Potestátes:
Tibi Chérubim et Séraphim, incessábili voce proclámant:
Sanctus: Sanctus: Sanctus [Dóminus] Deus Sábaoth.
Pleni sunt cæli et terra majestátis glóriæ tuæ.

Te gloriósus Apostolórum chorus:
Te Prophetárum laudábilis númerus:
Te Mártyrum candidátus laudat exércitus.
(Omnes tibi incessábili voce proclámant:
Sanctus ... et cetera)

Te per orbem terrárum sancta confitétur Ecclésia:
Patrem imménsæ majestátis:
Venerándum tuum verum, et únicum Fílium:
Sanctum quoque Paráclitum Spíritum.
(Omnes tibi proclámant:
Sanctus ... et cetera).

Note: From 3 onwards, Berlioz dramatically re-orders and re-arranges the text. Words in round brackets have been inserted or rearranged from another part of the text. Words denoted in square brackets have been moved to a different place in the text as indicated, or otherwise omitted altogether.

3.

(Dignare, Domine,
die isto sine peccato, nos custodire.
Ætérna fac, cum Sanctis tuis,
Fac (nos) in glóriâ numerári,
miserere nostri.)

4.

Tu, Christe, tu, Rex glóriæ.
[Tu] Patris sempitérnus [es] Fílius.
[Tu] ad liberándum susceptúrus hóminem,
non horruísti Vírginis úterum.
Tu devícto mortis acúleo,
aperuísti credéntibus regna cælórum.
Tu ad déxteram Dei sedes, in glóriâ Patris.

[Judex créderis esse ventúrus moved to no. 6]

5.

Te ergo quæsumus, [Domine!]
tuis fámulis súbveni, quos pretióso sánguine redemísti!
Te ergo quæsumus, (humílibus) tuis fámulis súbveni!
(Fiat super nos misericordia tua, Domine, quemadmodum speravimus in te!)

[Ætérna fac cum sanctis tuis in glória numerári moved to no. 3]

6.

(Judex créderis esse ventúrus.
In te Dómine speravi: non confúndar in ætérnum.)

Salvum fac pópulum tuum [Dómine],
et bénedic hereditáti tuæ (Dómine!)
[Et rege eos et extólle illos usque in ætérnum.]
Per singulos dies benedicimus, laudamus te Domine.
Et laudámus nomen tuum [in sæculum et in sæculum sæculi].
(Salva hæreditátem tuam, Dómine!)

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Vox populi

1. La menace des Francs: marche et chœur

Author anonymous

Ah! si, le sceptre en main,
Trop fier d’un pouvoir surhumain,
Roi, tu prétends éclipser notre gloire,
À la victoire
On nous verra marcher soudain.

Malgré ta couronne
Tu trembleras,
Et de ton trône
Tu redescendras.

Les bras, les àmes,
Enfants et femmes,
Tout pour nous combattra,
Tout à nous s’unira,
Et contre toi sur nos pas entrainé,
Armé du fer et des flammes,
Le peuple entier marchera.

2. Hymne à la France

Henri-Auguste Barbier (1805–1882)

Ô belle France, ô noble enfant du ciel!
  Chère patrie, ô tendre et bonne mère,
  Toi qui n’as point ta pareille sur terre,
Et dont le nom est plus doux que le miel,
Jusqu’au moment où doit fuir l’existence,
  Sois notre amour et l’objet de nos chants!
  Répétons tous en chœur ces mots touchants:
Dieu protège la France! Dieu protège la France!

Du plus beau lys l’eclatante blancheur
  N’égale pas celle de ta figure.
  À pleines mains sur ton front la nature
A répandu la grâce et la fraîcheur.
Dans tes yeux bleus brille l’intelligence,
  Et la gaieté de ses rubis en feux,
  Divin bandeau, couronne tes chevaux.
Dieu protège la France! Dieu protège la France!

Dieu t’a donné la gloire des combats,
  Dieu t’a donné la palme des batailles.
  Et le sang pur de tes chaudes entrailles
Incessamment enfante des soldats.
Ton cœur ardent est sensible à l’offense,
  Au noir courroux prêt à s’abandonner.
  Il est aussi prêt à tout pardonner.
Dieu protège la France! Dieu protège la France!

Et toi, grand Dieu, toi, qui, du haut des cieux,
  De l’univers tiens en main la fortune,
  Sur ton enfant, notre mère commune,
Avec amour daigne jeter les yeux!
Dans l’avenir fais toujours qu’elle avance,
  Grande parmi les grandes nations,
  Et qu’à genoux toujours nous répétions:
Dieu protège la France! Dieu protège la France!

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